Une mise en scène de démocratie entre quelques milliers de cadres
Le vote au Congrès du PS concerne 25 000 votant·es (sur 40 000 adhérent·es revendiqué·es), chiffre le plus bas de l’histoire du parti. Cela veut dire que le premier secrétaire national y est élu avec presque deux fois moins de voix que la plupart des député·es français·es.
Il n’y a presque plus de « militant·es de base » au PS : la majorité des votant·es sont des professionnels de la politique (permanent·es du parti, élu·es locaux et nationaux, collaborateurs). L’essentiel des votant·es viennent de baronnies locales, qui suivent des consignes politiques sans aucun débat.
Exemple dans le Val-de-Marne (94) :
- Sur 567 votant·es en tout, 260 viennent de 4 sections (3 mairies socialistes)
- Ces baronnies votent presque unanimement pour un seul candidat (Alfortville 94,8% pour Faure, Cachan 94,1% pour Faure, Créteil 67,5% pour Mayer-Rossignol, Vitry 82,9% pour Vallaud)
Un vote sans contenu, une « démocratie » sans peuple
Ce vote au congrès consiste à trancher entre quelques options pré-sélectionnées, aux orientations quasi similaires. Il n’y a aucun débat de fond, programmatique notamment, et les négociations de stratégie se font par la suite, à huis clos, entre les grands cadres du parti. En 2025, les trois candidats proposaient la même orientation stratégique : un appel creux à « rassembler » la gauche sans la France insoumise, la défense d’un candidat PS ou Glucksmann en 2027.
Le congrès est un processus où le parti se replie sur lui-même et ses intérêts au lieu de s’ouvrir et de réfléchir à sa place dans la société. Le seul objectif du congrès est de définir comment défendre les intérêts du parti en lui-même et de chacune de ses fractions (querelles de postes, d’argent et d’influence).
Les courants se déchirent entre eux, s’invectivent et s’attaquent au lieu de militer pour convaincre dans la société. Cela se fait sans lien avec les associations, les militant·es non-partisans ou encore les syndicats.
La victoire appartient à celui qui bourre le plus les urnes
« La triche est aujourd’hui une pratique banalisée au sein du PS. C’est le cœur même du système », Malek Boutih (ex-secrétaire national du PS)
Chaque congrès est émaillé par des scandales de tricherie et de manipulation des résultats. En 2023 déjà, Faure et Mayer-Rossignol s’étaient mutuellement accusés de bourrages d’urnes et d’irrégularités, c’est le cas presque chaque année (notamment quand les résultats sont serrés).
Quant aux chiffres de participation, ils sont manipulés tous les ans. En 2018, des cadres socialistes avaient reconnu qu’ils avaient été gonflés (Le Parisien).
Le congrès ne tranche pas une stratégie ou une orientation, c’est simplement l’occasion pour les cadres du parti de jouer un rapport de force interne et de prouver la mainmise de chaque fraction sur les sections et les fédérations qui lui sont inféodées