Depuis plusieurs années, la France insoumise est accusée de « racialisme ». Le terme suggère une vision du monde où les individus seraient définis d’abord par leur appartenance raciale et où les droits seraient organisés selon cette appartenance. Or cette définition ne correspond en rien à la ligne politique défendue par la France insoumise. Le racialisme consiste à essentialiser les individus, à considérer que leur origine devrait déterminer leur place dans la société ou à créer des droits différenciés selon des catégories raciales.
La France insoumise ne propose aucune différenciation de droits selon l’origine. Elle ne reconnaît aucune « race » juridique. Elle ne hiérarchise aucun groupe humain. Son cadre de référence est celui de la République une et indivisible. Elle s’inscrit dans une tradition universaliste claire fondée sur l’égalité devant la loi, la neutralité de l’État, la liberté de conscience et le refus de toute hiérarchie entre citoyens. La citoyenneté prime sur toute appartenance particulière. L’État ne distingue pas les individus selon leurs origines.
La confusion naît d’un raisonnement fallacieux : parce que la France insoumise nomme les discriminations raciales telles qu’elles sont, elle serait racialiste. Mais décrire un phénomène social n’est pas l’instituer. Au contraire, cette étape est indispensable dans l’action politique, pour comprendre le réel et le combattre. Les discriminations à l’embauche, au logement, dans les contrôles policiers ou dans les parcours scolaires sont documentées. Dans un rapport publié en décembre 2025, la Défenseure des droits a alerté sur l’augmentation des discriminations à la religion, touchant en premier lieu les personnes musulmanes et tout particulièrement les femmes musulmanes portant le voile. Les ignorer au nom d’un universalisme abstrait reviendrait à nier des réalités vécues.
Parler de racisme structurel ne signifie pas affirmer l’existence de races biologiques. Cela consiste à analyser des mécanismes sociaux qui produisent des inégalités. Refuser d’en parler ne supprime pas ces inégalités, cela les rend invisibles.
Les propositions avancées par la France insoumise sont sociales et universelles : renforcement des services publics, garantie d’emploi, lutte contre la précarité, école publique renforcée, interdiction des pratiques discriminatoires, diversification des modes de recrutement pour limiter les biais. Aucune mesure ne crée de droits différenciés selon l’origine. Aucune ne repose sur une catégorisation raciale des citoyens. L’objectif est l’égalité réelle pour tous.
Les appartenances culturelles ou religieuses relèvent de la liberté individuelle. Elles ne doivent ni déterminer les droits ni conditionner la place dans la société. La République n’a pas à demander aux citoyens d’où ils viennent, elle doit garantir qu’ils aient les mêmes droits.
L’accusation de « racialisme » sert souvent à délégitimer la lutte contre le racisme et à éviter le débat sur les inégalités structurelles. Mais l’unité du peuple ne se construit pas en niant les injustices. Elle se construit par la justice.
La France insoumise ne défend pas un universalisme abstrait. Elle défend un universalisme concret, où l’égalité proclamée devient une égalité vécue. Nommer les discriminations et les combattre ne fragmente pas la République, c’est une condition pour qu’elle soit réellement indivisible.
Enfin, l’idée de nouvelle France défendue par la France insoumise s’oppose d’ailleurs à l’idée d’une identité ethnique figée et d’un projet identitaire fermé. Elle met en lumière une transformation collective du peuple français, issue d’échanges, de trajectoires croisées et d’histoires mêlées. Elle part d’un constat simple : la France d’aujourd’hui est diverse et plurielle. Cette diversité ne fragmente pas l’universalisme, elle l’enrichit. La créolisation, c’est-à-dire le processus qui crée une nouvelle culture par la rencontre de plusieurs cultures, ne contredit pas l’égalité des droits, elle la rend vivante et concrète. Ce récit s’oppose frontalement aux visions racialistes qui cherchent à figer les identités et à hiérarchiser les appartenances.