Tous les sites

La France insoumise n’est pas d’extrême gauche

La France insoumise n'est pas d'extrême gauche

en bref

La France insoumise a été classée « à gauche » à tous les derniers nuanciers politiques

Aucun changement ne justifie un classement à l’extrême gauche pour cette élection

Le ministre de l’Intérieur a pris une décision politique alors que non seulement nous n’avons aucune alliance globale avec l’extrême gauche, mais aussi que nous avons de nombreuses alliances avec la gauche.

La validation de cette décision par le Conseil d’État le place en situation de protagoniste politique au service de l’extrême centre gouvernemental dans la dérive du pays. La question posée de son utilité pour garantir l’État de droit est donc de nouveau posée pour nous.

Le 5 février 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a décidé de classer la France insoumise à l’« extrême gauche » du nuancier politique pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Pour la première fois depuis la création du mouvement en 2016, LFI n’est plus classée dans le bloc « gauche » mais dans celui de « l’extrême gauche ».

En effet, la France insoumise était classée à « gauche » dans tous les derniers nuanciers politiques : 

  • Pour les élections municipales de 2020
  • Pour l’élection présidentielle de 2022
  • Pour les élections sénatoriales de 2023
  • Pour les élections européennes de 2024

Il faudrait donc pouvoir documenter un changement suffisamment important pour nous placer de force à l’extrême gauche. Pourtant, dans toute cette période, la France insoumise a été un acteur majeur d’alliance avec le bloc de gauche. Le Mouvement insoumis a été à l’origine de la Nupes en 2022 puis du NFP en 2024.

Cette stratégie d’alliance avec le reste de la gauche est pourtant une fois de plus vérifiable pour les élections municipales de 2026. En effet, LFI a des accords au premier tour, dans des centaines de communes, avec les Écologistes, le PCF et le PS. Dans d’autres villes, elle leur tendra la main pour rejoindre notre programme de rupture au second tour lorsqu’ils seront arrivés derrière nous au premier. Mais avec ce nuancier, toutes les personnalités de ces partis de gauche engagées dans des listes avec LFI se voient alors également rangées comme candidates et candidats de listes d’extrême gauche. Tout cela est absurde et menace la compréhension des équilibres politiques auprès des électeurs, en altérant la sincérité du scrutin.

Cette décision autoritaire a été validée par le Conseil d’État le 27 février 2026, après que la France insoumise a déposé un recours. Mais le Conseil d’État ne dit pas que LFI est d’extrême gauche, encore moins que c’est intangible. Il dit simplement qu’il ne constate pas « d’erreur manifeste grossière » avec la décision de Laurent Nuñez sur le rattachement de LFI par rapport aux forces de bloc de gauche. Cette décision idéologique traduit un glissement progressif vers la décomposition de l’État de droit, commencé avec le refus de reconnaître le résultat d’une élection convoquée par le président lui-même (les élections législatives de 2024), une banalisation de l’utilisation du 49.3 (troisième année consécutive d’application du budget de l’État sans vote). Contrairement à l’extrême gauche qui défend une révolution depuis l’extérieur du système, la France insoumise s’inscrit dans un cadre de prise de pouvoir par les urnes, dans le système constitutionnel actuel. C’est par ce processus qu’elle aspire à la Sixième République. La décision du Conseil d’État démontre d’autant plus l’importance de poser dans le débat citoyen la question du renouvellement des institutions pour la sixième République.