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La France insoumise et l’affaire Quentin Deranque

Quentin Deranque

en bref

La chronologie des faits montre que ni Rima Hassan, ni Raphaël Arnault, ni le service d’ordre de la France insoumise ne sont impliqués dans cette affaire

Le collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault est mis en examen pour « instigation » et non pour « homicide », volontaire ou involontaire. Il n’est donc pas non plus responsable de ce drame

Le service d’ordre de la France insoumise ne fait jamais usage de la violence, au contraire il a pour philosophie la non-violence, a longtemps été dirigé par des philosophes

Le journal l’Humanité a révélé que Nemesis organisait des « guet-apens » pour attirer et violenter des militants d’extrême gauche, en lien avec une organisation néonazie : Audace

La France insoumise demande la dissolution de l’organisation identitaire Némésis qui incite à la violence et perturbe régulièrement la marche féministe du 8 mars.

La chronologie innocente les Insoumis

Le 12 février 2026, à la suite d’une rixe de rue, Quentin Deranque, militant d’extrême droite, est mort des suites de coups. Une vague d’accusations ciblant Rima Hassan et Raphaël Arnault s’en est suivie. Pourtant, la chronologie des événements les innocente totalement. Le député Raphaël Arnault était à Paris ce jour-là, à l’Assemblée nationale. Quant à Rima Hassan, les faits n’ont pas eu lieu « en marge » de sa conférence donnée à Sciences Po Lyon. La bagarre a eu lieu autour de 17h30 et ce n’était pas à côté de l’IEP de Lyon. Rima Hassan est arrivée à 18h20, il n’y avait pas de bagarre, les faits avaient déjà été commis.

Le service d’ordre de la France insoumise n’a rien à voir avec les faits

Comme précisé, le service d’ordre de la France insoumise n’est pas lié puisque les faits avaient déjà eu lieu lorsque le service d’ordre est arrivé avec Rima Hassan à 18h20. Aucun membre du service d’ordre insoumis n’est mis en cause, pas plus qu’aucun militant du mouvement. Le service d’ordre de la France insoumise a pour philosophie la non-violence, ses responsables ont pendant longtemps été des philosophes. Depuis janvier 2026, plusieurs réunions publiques et meetings ont été perturbés par Nemesis ou Nous vivrons. Systématiquement, ces personnes ont été raccompagnées vers l’extérieur de la salle sans la moindre violence.

La police savait et n’a rien fait

Le Canard enchaîné a publié le 24 février une chronologie détaillée des faits telle qu’elle ressort des documents policiers internes. Selon ces informations, les autorités étaient déjà au courant de tensions possibles depuis la veille. Le renseignement était présent sur les lieux dès 17 heures et une équipe d’intervention était déjà positionnée. Suite aux affrontements, un témoin avait même prévenu la police par téléphone. La police répond qu’elle ne peut pas envoyer de patrouille. Finalement, les pompiers sont appelés et interviennent à 19 h 40. Des « effectifs de voie publique » arrivent vers 20 h 30, cinquante minutes après les pompiers et deux heures et demie après les coups mortels. Autrement dit, la police pourtant informée de minute en minute n’a rien fait.

Némésis organise des traquenards

Le journal Mediapart a révélé l’existence d’un groupe militant d’extrême droite embusqué sur place, préparé à intervenir. De son côté, L’Humanité a décrit la technique de « l’appât » utilisée par Némésis pour provoquer un incident, en lien avec le groupe néonazi Audace. Ces éléments renforcent l’hypothèse d’un guet-apens organisé par l’extrême droite. 

La responsabilité générale de l’extrême droite

Ces dernières années, la montée des violences de l’extrême droite doit nous alerter. Depuis 2017, 20 projets d’attentats d’extrême droite ont été déjoués, ciblant notamment Jean-Luc Mélenchon, des imams et des mosquées. Selon Europol, 118 personnes ont été arrêtées en France au cours des 10 dernières années pour des crimes liés au terrorisme d’extrême droite. À Lyon, 101 attaques violentes de l’extrême droite ont été recensées depuis 2010, dont 70 % sont restées impunies. Entre 1986 et 2021, sur 53 assassinats à caractère politique, 9 sur 10 étaient perpétrés par l’extrême droite. Depuis 2022, 12 personnes ont été assassinées par l’extrême droite, parmi lesquelles : le 19 mars 2022, à Paris, le rugbyman argentin Federico Aramburu, tué par des néonazis pour avoir interposé ; le 9 décembre 2022, à Charleville-Mézières, Mahamadou Cissé abattu par son voisin raciste ; le 25 avril 2025, à La Grand-Combe, Aboubakar Cissé tué dans une mosquée après 57 coups de couteaux ; et le 31 mai 2025, dans le Var, Hichem Miraoui, Tunisien, assassiné chez lui par un voisin raciste soutenant le RN et les identitaires. Ces chiffres illustrent la gravité et la régularité des violences d’extrême droite en France.

La France insoumise demande la dissolution de Nemesis

Face aux provocations répétées de Némésis lors de réunions publiques de la France insoumise, aux révélations de l’Humanité quant à l’organisation de « guet-apens » pour provoquer des violences et aux perturbations répétées de la marche du 8 mars pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la France insoumise a demandé la dissolution de Némésis. Une saisine du procureur de Paris pour dissolution judiciaire de Némésis a été déposée, ainsi qu’une saisine en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale auprès du procureur de Lyon pour les faits révélés par l’Humanité (datant d’octobre 2025). L’origine du 8 mars s’inscrit dans une tradition internationaliste, sociale et égalitaire, portée par les militantes communistes Alexandra Kollontaï et Clara Zetkin. Une organisation raciste, prônant des droits pour quelques-unes seulement, ne saurait y trouver sa place.