Non. C’est à la fois nécessaire et faisable. Loin d’être un problème récent (« les facteurs environnementaux ont une incidence sur les dynamiques migratoires depuis l’origine de l’humanité » rappelle Alice Baillat de l’Observatoire des situations de déplacement interne), il devient urgent puisqu’au cours des années 2010, les événements climatiques ont provoqué 2 fois plus de déplacements forcés que les conflits.
Il y aura jusqu’à 1 milliard de migrant·es climatiques dans les 30 ans selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce statut s’impose déjà comme une solution dans certaines régions du monde. Ainsi, en Australie, les habitants de Tuvalu, pays voisin de 26 km² menacé par la montée des eaux, peuvent obtenir l’asile climatique grâce à un traité signé en novembre 2023.
Mais nul besoin d’aller si loin. Selon une étude IFOP datant de juin 2023, 6 % des Français disent que les conséquences du réchauffement les incitent à déménager définitivement et 7 % envisagent de quitter temporairement leur domicile, notamment pendant les périodes de fortes chaleurs en été.
Il nous faut donc prévoir et organiser ces déplacements, plutôt que de les découvrir au summum de la crise climatique.