Nous sommes réalistes et humanistes. L’humanité a toujours connu des mobilités et celles-ci risque de s’accélérer, à défaut d’action résolue contre le dérèglement climatique et les guerres. Plutôt que la politique du chiffre qui ne fait que créer du désordre et de la souffrance, nous aspirons à la fois à traiter les causes de l’exil forcé et à déployer les conditions d’un accueil digne. Cela suppose, d’une part, de promouvoir une diplomatie au service de la paix et de défense des biens communs planétaires. Et d’autre part de « créer des voies légales et sécurisées d’immigration », en commençant par mettre en place une agence de sauvetage en mer et sur terre dans l’attente de sa création au niveau européen, et abroger les lois asile et immigration de Macron.
Par ailleurs, la première migration est d’abord interne à la France. Au début du 19e siècle, à 45 ans, 20% de la population vivait hors de son département de naissance. C’est 60% dorénavant. La France est donc bien plus caractérisée par cette migration intérieure ! Ainsi se renouvelle la France, ainsi une génération en remplace une autre.
En valeur absolue, la France est le troisième pays d’accueil dans l’Union européenne (690 000 réfugiés et demandeurs d’asile) derrière l’Allemagne (2,3 millions) et la Pologne (970 000). Si on rapporte ce chiffre à la population nationale, la France se classe au 20e rang. 56 179 personnes se sont vues attribuer l’asile en France en 2022, soit 14,6% du nombre d’attributions en Europe. En comparaison, l’Allemagne comptabilise 41% du total des attributions en Europe.
L’immigration étudiante est le premier motif de venue sur le territoire français. La moitié des immigrés arrivant en France en 2019 ont moins de 26 ans et sont davantage diplômés. Les étudiants étrangers rapportent 1,35 milliard d’euros par an à la France et 60% d’entre eux restent en France après obtention de leur diplôme ! Il y a également de plus en plus de femmes : en 2023, selon l’INSEE, 52 % des immigrés sont des femmes, contre 44 % en 1975.
Le repli sur une prétendue identité « Française de souche » relève du fantasme, car elle n’a jamais existé. 31% des adultes de 18 à 60 ans comptent au moins un parent ou grand-parent immigré. C’était moins de 10% il y a trois générations à peine. C’est cette rencontre, ce mélange de populations et des cultures venues de toutes les parties du monde pendant des siècles qui a créé le peuple français, réuni autour des valeurs de liberté, égalité et fraternité.