Il y a plus d’un an, la France insoumise a proposé aux Écologistes un accord national, pour les municipales, qu’ils ont refusé. A l’issue, la France insoumise a formulé une nouvelle proposition : soutenir les maires sortants Écologistes en échange d’un soutien des Écologistes à des têtes de liste insoumises dans des villes de même taille. Nouveau refus : la direction des Écologistes a renvoyé l’ensemble des discussions aux décisions locales.
Ainsi certains militants et élus Écologistes locaux ont décidé de rejoindre des listes insoumises et inversement, comme à Istres, à Fécamp, à Boulogne-sur-Mer, à Boulogne-Billancourt, à Draguignan, à Suresnes, à L’Ile-Saint-Denis, à Migennes, là où les circonstances locales l’ont permis.
Pourtant, la direction des Écologistes a, bien avant la parution de la tribune dans Mediapart, exercé des pressions sur des groupes locaux afin d’empêcher toute réunion avec des listes insoumises.
En pleine contradiction avec ce qu’avait annoncé la direction des Écologistes, il semblerait que les décisions ne peuvent pas se prendre au niveau local. Or, s’il n’existe aucun accord avec la France insoumise, et que les militants locaux ne peuvent décider, il est clair que la direction des Écologistes a fait un choix : celui de rejoindre le Parti socialiste pour les municipales.
La direction des Écologistes y a un intérêt : la primaire dans laquelle Marine Tondelier s’est déclarée candidate. De son côté Olivier Faure, de plus en plus isolé au sein du PS par François Hollande, trouve des alliés au sein de cette primaire. D’où son intérêt à en faire un succès.
C’est un jeu de petites alliances, sur fond d’ambitions personnelles, auquel se livrent les directions actuelles des Écologistes et du PS. Les militants et élus Écologistes qui nous ont rejoints l’ont bien compris.
Ces mêmes militants nous connaissent sur le terrain, ils ont souvenir de nos luttes communes, des rangs serrés contre la destruction de la zone humide de Sivens, contre l’A69… à l’inverse du PS qui soutient ces projets.
Face à la crise du mode de production capitaliste, ils ont fait un choix, rejoindre la ligne de rupture. Car c’est bien de cela dont il s’agit : faire un choix entre les « deux gauches », celle d’accompagnement du capitalisme ou celle de rupture avec le capitalisme.
Parler de « complot insoumis » est à la fois une insulte envers ces militants et une tentative de cacher la dynamique de fond à l’œuvre : la rupture entre la direction des Écologistes et ses militants.
Ces fausses allégations ont par ailleurs été alimentées par un article publié par L’Opinion évoquant un supposé « plan secret » de Manuel Bompard pour faire exploser Les Écologistes. Cet article, qui tente de faire croire à un complot de manière mensongère, ne relate en réalité que des discussions que les insoumis ont menées au grand jour. Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs appelé à plusieurs reprises à une « nouvelle alliance populaire » avec les Verts populaires.
Là où certains se présentent comme de fervents défenseurs de l’union tout en poussant en réalité leurs agendas personnels, la France insoumise n’a de cesse de travailler à la construction d’un rassemblement populaire et cohérent autour d’un programme de rupture, seul rempart possible face à la crise du capitalisme.