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Immigration : Renaissance dans les pas du RN

en bref

Renaissance et le Rassemblement national veulent restreindre l’accès aux soins des sans-papiers, en attaquant l’aide médicale d’État (AME), pourtant essentielle à la santé publique. Cette politique xénophobe met en danger toute la population

Le RN comme Renaissance propagent le mythe des étrangers qui profiteraient des aides sociales. En réalité, les immigré·es contribuent davantage aux finances publiques qu’ils n’en bénéficient. Ces mesures d’exclusion ne sont fondées sur aucun fait, mais sur un choix politique : diviser et punir les plus précaires

Renaissance et le Rassemblement national défendent une politique de fermeture des frontières toujours plus coûteuse et inefficace. Leur logique sécuritaire – murs, contrôles, expulsions – alimente les peurs sans jamais traiter les causes des migrations, tout en engloutissant des milliards d’argent public

« Trop d’étrangers profitent du système de santé » : une intox xénophobe, doublée d’une folie en matière de santé publique 

Les macronistes et l’extrême droite partagent une même obsession : restreindre l’accès aux soins pour les étrangers sans papiers, au mépris de la santé publique.

Le Rassemblement national annonce la couleur : suppression de l’aide médicale d’État (AME), qui leur permet de bénéficier d’un accès aux soins, sauf pour les cas d’urgence vitale. Leur prétexte ? Lutter contre les abus et éviter un soi-disant « appel d’air migratoire ».

De son côté, la macronie avance masquée, en durcissant discrètement les critères d’accès à l’AME. L’une des mesures envisagées, la conjugalisation des ressources, menacerait directement des milliers de personnes, en particulier les femmes sans papiers, déjà exposées à de multiples formes de précarité et de vulnérabilité.

L’hypocrisie des macronistes sur le sujet est d’autant plus forte qu’ils s’appuient sur le rapport Evin-Stefanini, qui a dissipé définitivement les fantasmes autour du prétendu « appel d’air » et du « tourisme médical » que susciterait l’AME. 

L’AME n’est pas un luxe, elle est dans l’intérêt sanitaire du pays tout entier.

D’abord, car nous ne tolérons pas que des gens meurent en France d’une maladie que nous savons guérir. Ensuite, car la tuberculose ou l’hépatite ne demandent pas la carte d’identité pour contaminer une personne. L’Espagne, après avoir restreint un dispositif similaire, a vu le nombre d’épidémies exploser. Résultat : un retour en arrière dès 2018.

RN et Renaissance veulent rendre invisibles les plus fragiles. L’un frontalement, l’autre à coups de technocratie. Mais c’est la même logique : priver les pauvres de soins, quoi qu’il en coûte.

« Trop d’aides pour les étrangers, pas assez pour les Français » : le poison du mensonge social

Ce que propose le Rassemblement national : 

  • Réserver les allocations familiales aux Français et conditionner à 5 années de travail en France l’accès aux prestations sociales non-contributives comme le RSA

Ce que propose Renaissance

  • Suspendre le versement de toute prestation sociale dès l’expiration du titre de séjour

Ces deux mesures s’appuient sur le même mythe, celui des aides qui seraient massivement versées aux étrangers, pour justifier des politiques d’exclusion. 

En réalité, l’immigration a une contribution positive à la société française. Certains aspects de cette contribution sont peu mesurables, comme ses apports à la culture française, aux horizons musicaux, culinaires, linguistiques, cinématographiques de l’ensemble de ses citoyen·nes. D’autres en revanche le sont : il s’agit des aspects socio-économiques. Loin des fantasmes du RN et de Renaissance, la présence de personnes immigrées sur le sol français n’est pas un coût pour les finances publiques, voire présente un solde positif. 

La contribution nette des immigré·es aux finances publiques sur trente ans a été en moyenne près de quatre fois meilleure que celle des ménages non-immigrés. Cela s’explique notamment par une population davantage en âge d’être active que la moyenne qui contribue donc plus aux caisses de la protection sociale ou encore à notre système de retraites par répartition, tout en bénéficiant en réalité moins des allocations que les autres ménages.

Ces mesures plongent des milliers de familles dans une précarité administrative. L’aide devient instable, conditionnelle, et punitive. En réalité… elles vont couper aussi les aides à des Français, notamment les petits Français dont les parents sont étrangers, abdiquant leur avenir. Derrière le racisme, ce sont les inégalités contre les enfants précaires.

Derrière les chiffres, un choix politique : exclure, humilier, contrôler.

« L’immigration incontrôlée » : un mirage sécuritaire

Création d’une « border force » d’un côté, contrôle permanent des frontières de l’autre : Renaissance et le Rassemblement National partagent la même logique, ériger une forteresse coûteuse qui ne règle ni les causes des migrations forcées et ne permet pas un accueil digne.

Alors que les deux sont si prompts à dénoncer le soi-disant coût de l’immigration sur les dépenses sociales, ils ne semblent pas prendre en compte le coût massif des politiques répressives qui ne cessent d’augmenter sans avoir aucun effet. Au niveau européen, le budget de Frontex, l’agence des gardes-frontières de l’Union européenne, est passé de 33 M€ (2006) à 845 M€ (2023), sans voir une baisse durable des arrivées. En France, le coût total de la lutte contre l’immigration irrégulière est estimé à 1,8 milliard d’euros par an par la Cour des comptes. 

En réalité, l’immigration en France n’est ni incontrôlée, ni exponentielle. En 2023, 7,3 millions d’ immigrés vivent en France, soit 10,7 % de la population totale. Entre 2020 et 2024, le nombre d’immigrés a augmenté de 50 % en France, contre 75 % dans le monde. Au-delà des préjugés, l’immigration étudiante est le premier motif de venue sur le territoire français. La moitié des immigré·es arrivant en France en 2019 ont moins de 26 ans et sont davantage diplomé·es. Il y a également de plus en plus de femmes : en 2021, 52 % des immigré·es sont des femmes, contre 44 % en 1975.

Renaissance et le Rassemblement National portent des mesures xénophobes qui attisent la haine et les peurs. Plutôt que la politique du chiffre et la chasse aux migrant·es, qui ne font que créer du désordre et de la souffrance, il est urgent de s’attaquer aux causes des migrations forcées et d’organiser un accueil respectueux de la dignité humaine de tous et toutes.